Le Programme de leadership public Jeanne Sauvé est une programme intensif, interne, interculturel et international basé à la Maison Jeanne Sauvé à Montréal. Il attire des cohortes de jeunes leaders du Canada et d’ailleurs, qui sont appelés à vivre et à travailler ensemble et à partager leurs passions individuelles afin de relever un défi particulier d’envergure mondiale.

En plus de développer leurs aptitudes pour le leadership et de mener des initiatives individuelles dans le cadre du Programme de leadership public, les Boursiers Sauvé 2015-2017 ont pour défi de repenser collectivement le rôle que joue le leadership public pour soutenir la cohésion sociale au sein des sociétés culturellement diverses.

La diversité culturelle englobe la diversité linguistique, religieuse et ethnique. Elle inclut aussi les classes sociales, le sexe, l’orientation sexuelle, les aptitudes et les handicaps, et toutes les autres différences qui nous divisent trop souvent.

Les Boursiers 2015-2017 ont choisi un défi complexe auquel de nombreux leaders publics sont confrontés : l’intégration des réfugiés au Canada. Pour plus de renseignements, veuillez cliquer ici.

Pourquoi la diversité culturelle?

La mondialisation accélérée est en train de changer le tissu social dans le monde entier, ce qui crée de nouveaux débouchés mais met souvent à mal la cohésion sociale et pose de nouveaux défis pour le leadership public.

L’évolution des habitudes d’immigration se répercute sur la démographie sociale et crée de nouvelles tensions. De nombreux pays sont confrontés à des niveaux d’immigration sans précédent qui engendrent très souvent des heurts entre les immigrants et les communautés plus établies. Bien souvent, et cela a été plusieurs fois le cas en Europe, cette réalité a engendré un nationalisme populaire. Les politiques identitaires prônant le rejet des immigrants, qui sont une source de division, occupent plus de place dans le discours public et façonnent davantage le débat et les règles politiques.

Les relations entre la majorité et les minorités nationales, ethniques, linguistiques et religieuses ont souvent été tendues voire violentes. Dans de nombreuses parties du monde, la rareté grandissante des ressources exacerbe les tensions entre les groupes et occasionne ou favorise des conflits nationaux et internationaux.

Dans les pays à forte population indigène, la place qui revient de droit aux Autochtones dans la société élargie n’est toujours pas acquise.

Depuis les événements du 11 septembre, les préoccupations liées à la sécurité internationale s’opposent de plus en plus aux politiques d’inclusion sociale.

Malgré ces tensions, il y a partout dans le monde de nombreux cas de communautés qui coexistent en paix. Et les sociétés s’adaptent aux changements démographiques en créant des politiques et des structures nouvelles qui favorisent une cohésion sociale et une coexistence harmonieuse entre des groupes culturels différents. Quelles leçons pouvons-nous tirer de la façon dont ces sociétés s’identifient à leur propre diversité culturelle et encouragent la cohésion sociale?

La Fondation Jeanne Sauvé espère, en abordant la vaste question de la diversité culturelle et de la cohésion sociale, déborder de l’absence de conflit, qui se caractérise par une tolérance tacite de la différence, pour explorer collectivement ce qu’il faut pour avoir un état social enrichi où les droits des personnes sont équitablement protégés et les différences au sein des sociétés sont respectées et célébrées.

Pourquoi est-il si important d’avoir un leadership public sur cette question?

Les leaders publics ont trop souvent tiré parti les divisions au sein des sociétés pour promouvoir leurs programmes politiques et renforcer leur propre pouvoir, parfois en faisant des minorités un prétexte pour galvaniser le soutien de la majorité.

Mais le leadership public a un rôle positif essentiel à jouer pour soutenir et accroître la diversité culturelle, et pour créer une cohésion sociale entre les pays du Nord et du Sud.

Dans les sociétés culturellement diverses, il incombe aux leaders publics de promouvoir des politiques inclusives qui respectent les différences. Ils doivent s’attaquer aux problèmes de discrimination et d’exclusion à tous les niveaux (juridique, social, politique et économique). Les leaders publics doivent souvent, pour surmonter les préjugés profondément enracinés, tenir un discours public qui prône le respect et la tolérance. Les médias jouent aussi un rôle essentiel pour soutenir ces efforts, et les éducateurs le renforcent, souvent en développant des programmes scolaires et/ou académiques.

La Fondation Jeanne Sauvé a pour objectif de réunir une équipe diversifiée de jeunes leaders du monde entier représentant un large éventail d’expériences professionnelles pertinentes dans le domaine du leadership public. Mentionnons, entre autres, la défense des droits des minorités, la représentation des Autochtones, la dénonciation des cas de discrimination dans les médias, l’élaboration d’une politique sur l’éducation, la prise de position en faveur d’une plus grande tolérance religieuse, la réaction aux menaces à sécurité, la participation aux débats sur l’identité, et les approches juridiques et politiques des questions de diversité, de sécurité, d’immigration et de politiques socio-économiques qui se répercutent sur la diversité… notamment la discrimination et les droits collectifs.

Pourquoi explorer cet enjeu avec la Fondation Jeanne Sauvé à Montréal (Québec), au Canada?

Nous croyons que la Fondation Jeanne Sauvé est bien placée pour donner aux participants l’occasion de profiter de la richesse d’un dialogue, d’un débat et de politiques publics sur les questions de diversité culturelle et de cohésion sociale.

Jeanne Sauvé était convaincue que le monde pouvait vivre en paix et cette conviction était au cœur de son leadership public. La colombe de paix est d’ailleurs un élément de ses armoiries comme gouverneure générale.

« La reconnaissance de nos différences politiques, culturelles, idéologiques et religieuses constitue la base essentielle de la véritable égalité. Sans égalité, le dialogue maintenant indispensable à la paix dans le monde serait impossible. » – Extrait du discours que la très honorable Jeanne Sauvé a prononcé en 1992 à l’occasion du Forum international de la Fondation Jeanne Sauvé pour la jeunesse portant sur le nationalisme et la mondialisation

L’Université McGill, notre foyer universitaire, possède une clientèle étudiante et un corps professoral extrêmement diversifiés, tout comme l’Université Concordia, notre partenaire universitaire.

La Maison Jeanne Sauvé est située au cœur de Montréal, la plus grande ville cosmopolite et bilingue de la province de Québec, où les politiques identitaires ont souvent occupé le devant de la scène et attisé les tensions.

Le Canada est généralement présenté comme un modèle de société pluraliste. Au début des années 1970, il a été le premier pays à adopter le multiculturalisme en guise de réponse politique à la diversité ethnique. La politique se fonde sur la Loi sur le multiculturalisme canadien et l’article 27 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Comme c’est le cas ailleurs, les structures qui encadrent la diversité culturelle du Canada évoluent à mesure que le pays doit composer avec l’évolution des rapports entre les groupes nationaux, ethniques, religieux et linguistiques.

D’ici 2017, par exemple, on prévoit qu’un Canadien sur cinq fera partie d’une « minorité visible ». Des études montrent que les minorités visibles au Canada continuent de faire l’objet d’une discrimination qui se traduit notamment par un écart disproportionné des salaires et des perspectives d’emploi. En outre, la population autochtone du Canada augmente quatre fois plus vite que la population non autochtone, ce qui pose une série de défis pour le tissu social du pays.

Le Canada est traditionnellement connu pour avoir un discours et un débat publics riches et à plusieurs niveaux sur la diversité culturelle et la cohésion sociale. Ce contexte crée un environnement stimulant qui permet aux Fellows Jeanne Sauvé d’explorer ensemble le sujet selon les multiples perspectives du leadership public.